Bonjour,

 

Cette année, je n'ai pas eu le temps de me rendre à bordeaux pour le millésime 2011.

 

Cependant de très bons amis et marchands de vins s'y sont rendus et voici leur rapport : 

 

"Bordeaux millésime 2011

Notre semaine de dégustation dans le bordelais :

Une semaine bien remplie que la semaine de dégustations que nous avons vécues cette année ! Nous avons en effet décidé de profiter d’un millésime plus ordinaire pour découvrir les productions des premiers crus classés et de certains vins d’exceptions. L’adage bordelais qui dit que les grands terroirs se manifestent lors des années difficiles se devait d’être tester !

Aussi, après avoir fait le tour des appellations du Médoc et de Pessac Léognanenprofitantdes dégustations organisées par l’Union des Grands Crus, nous avons commencénotrepéripledes premiers crus classés par le château Haut-Brion. La dégustation s’est déroulée dans la salle de dégustation du château (photo à gauche) et a porté sur l’ensemble des vins des domaines de prince Robert de Luxembourg(àsavoirQuintus (anciennementTertreDauguey),

château la Mission Haut-Brion et Château Haut-Brion). Les rouges ont été dégustés les premiers, suivis par les blancs. Globalement, les vins présentés étaient plutôt supérieurs à ceux de leur appellation respective et se singularisaient davantage par leur finesse que par leur puissance et leur ampleur.

Ensuite, nous nous sommes dirigés sur la rive droite et vers Saint-Emilion en particulier, pour déguster les vins réalisés par Alain Vauthier et notamment château Ausone. Sur place, nous dégustons et avons l’impression grandiose de gouter des vins d’exceptions ! Château Ausone est de manière unanime ce que nous avons gouté de meilleur depuis le début de la semaine, sa précision, sa finesse et sa longueur nous impressionnent. Nous en discutons avec Alain Vauthier qui résume la situation très simplement : « cette année, il ne fallait pas trop travailler les vins, mais laisser faire la nature ». Ses vins présentent d’ailleurs un touché très fin et élégant. Il est vrai qu’avec un des meilleurs terroirs de Saint-Emilion, sinon le meilleur, la vinification n’en est que plus facilitée ! Le savoir-faire d’Alain Vauthier se retrouve aussi dans ses autres propriétés que sont ; Moulin Saint Georges, Château Simard et Haut Simard qui goutent toutes très bien et qui se retrouveront en marché à des prix moins exceptionnels que Ausone.Dans la foulée un petit saut à Pomerol où Gazin, la Conseillante et Clinet valent le petit détour ! Et puis au château Cheval Blanc pour déguster le millésime 2011 de Cheval Blanc, Petit Cheval, La tour du Pin, Quinault l’Enclos et, une petite sucrerie pour terminer, Yquem. Dans les chais flambant neufs du château, une cathédrale dans laquelle trône des cuves tronconiques en ciment, château Cheval Blanc 2011 souligne la réussite des Cabernets francs dans ce millésime. En effet, il présente un milieu de bouche ample après une attaque assez discrète tous deux signes d’une forte proportion de Cabernet Franc. Enfin, Yquem 2011 riche et complexe, se situe probablement pas loin dû désormais mythique 2001.

Après une belle soirée organisée par nos amis de Bordeaux Oxygène (quelques jeunes propriétaires et négociants de Bordeaux) et donc une courte nuit, la route fut longue pour arriver vendredi 6 avril à 09.00 à Château Lafite Rothschild. Nous avions oublié les grandes transhumances des Français pour le weekend Pascal et quelques minutes de retard n’ont heureusement pas empêché notre hôte, monsieur Charles Chevallier (Directeur), de nous recevoir pour déguster les 3 vins du millésime 2011. Carruades de Lafite, Duhart Milon et Lafite Rothschild. Que dire sur Lafite sinon que décidément le qualificatif d’aristocratique lui sied à merveille ; droit, direct, fin, jamais exubérant, mais avec quelque chose en plus, un terroir exceptionnel probablement... Enfin, quelques mots sympathiques et constructifs sont échangés avec Monsieur Chevallier pour évoquer ce millésime qui devrait, tout le monde l’espère, voir le retour des grands vins de Bordeaux sur les tables de nos dîners.

Pour terminer ce périple nous avons un dernier rendez-vous à Château Margaux (photo à gauche) où Paul Pontallier, qui gère le domaine, nous attendpourunedégustation commentée.Aumenu :Pavillon Rouge 2011, Margaux 2011 et Pavillon blanc 2011. Margaux est suave et bien équilibré, et nous étonne en bien après pourtant 4 jours de dégustation de vins. Globalement la photographie de ce millésimeestcelled’unvin techniquementbienfait,mais

souvent un peu maigre en milieu de bouche avec un fruité discret et malheureusement pour certains un dose de sur-extraction qui donne une sensation de tanins rugueux lors de la dégustation. Château Margaux est clairement sur le dessus de la mêlée par son équilibre et le soyeux de ses tannins.

Après cette semaine de dégustation et en ayant discuté avec ceux qui font les premiers grands crus classés, on constate, malgré les exigences draconiennes qui sont les leurs, une grande confiance dans les moyens qu’ils mettent en œuvre pour la production de leurs vins. En effet, comment ne pas être

confiant quand on travaille sur des terroirs reconnus depuis plusieurs siècles, avec des moyens techniques éprouvés et constamment améliorés et surtout une somme d’expériences incomparable ! Cette confiance se traduit, pour nous amateur de vins, par des vins précis, fins qui semblent tirer le maximum de leur potentiel tout en restant équilibrés. Et au final, dans l’ensemble et parmi les plus de 300 vins que nous avons dégusté, les vins issus de grands terroirs sont très bien réussis même s’ils n’ont pas la matière et le fruit de 2009 et 2010.

Avec le millésime 2011 nous aurons probablement des vins à partager dans les 4 ou 5 prochaines années, comme le sont par exemple aujourd’hui les 2007. Des vins souples, agréable à boire avec un taux d’alcool raisonnable (13° en moyenne alors qu’on se souvient des 14°, 15° en 2009 et 2010). Ce seront néanmoins des vins avec un peu plus de structure que les 2007. Nous les comparerions donc davantage à 2001 ou 2008 en termes de qualité globale. De ce fait, certains d’entre eux, notamment les belles réussites du Médoc possèdent un potentiel de garde intéressant.

Reste évidemment encore une année d’élevage en barrique et surtout de connaître les prix de mise en marché qui détermineront le succès de la vente en primeur des vins de Bordeaux. Ce ne sera probablement pas un millésime spéculatif et tous nous espérons une baisse importante des prix. Les rumeurs et autres bruits qui parcourent la sphère des professionnels du vin sont unanimes pour dire qu’une baisse importante des prix est nécessaire si l’on veut, comme proclamé à Lafite, voir le retour des grands vins de Bordeaux sur nos tables ! La balle est désormais dans le camp des châteaux.

Meilleures salutations, Bruno Gueuning et Frédéric Chenevard

Enfin, pour vous aider à vous retrouver dans l’abondance de propositions, voici brièvement un petit récapitulatif des vins qui nous ont favorablement impressionnés.

Nous qualifions d’excellents :

Ausone, Cheval Blanc, Clos Fourtet, Beauséjour Duffau, La Gaffelière, La Conseillante, Margaux, Pichon Lalande, Léoville Barton, Léoville Poyferré.

Haut Brion Blanc, Yquem et Doisy Daene.

De très bons :

Angelus, Pavie Macquin, Grand Mayne, Canon La Gaffelière, Soutard, Moulin Saint Georges, Chapelle d’Ausone, Clinet, Gazin, Saint Pierre, Lagrange, Beychevelle, Talbot, Gruaud Larose, Brane Cantenac, Rausan Segla, du Tertre, Lafite Rothschild, Grand Puy Lacoste, Lynch Bages, Haut Bages Libéral, Haut Brion , Mission Haut Brion.

Domaine de Chevalier blanc, Malartic Lagravière Blanc, Pavillon de château Margaux Blanc, Doisy Vedrine, Coutet, Guiraud.

Et il faut également retenir :

La Fleur de Bouärd, Beauséjour Bécot, La Couspaude, La Lagune, Larrivet Haut Brion, Clos Dubreuil, Simard, Haut Simard, Pressac, Clos Puy Arnaud, Fleur Cardinale, Pichon Lalande, Bel-Air la Royère, Petit Village.

Fieuzal Blanc Filhot, La Tour Blanche, De Fargues,

Enfin nous n’avons pas dégusté

Vieux Certan, Eglise Clinet, Ducru Beaucaillou, Cos d’Estournel, Evangile, Petrus, Leoville Las Cases, Latour, Mouton Rothschild, Palmer."

 

De Frédéric Chenevard et Bruno Gueuning : Newsletter du 12 avril 2012.

Société B&S Wine Sàrl